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Renouvellement du Voeu de Nice

affiche 2011

Programme 

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La commémoration du voeu de Nice en l’église de la Madone des Grâces, paroisse Saint-Jean-Baptiste, dite église du Voeu, le 26 mai 2013.

En 1832, l’ultime précaution

Longtemps, Nice se réfugia derrière des saints renommés pour se protéger des calamités du temps : sainte Rosalie de Palerme, invoquée contre la peste de 1630, Saint-Roch, patron de l’hôpital communal, Saint-Sébastien et sa chapelle de la porte Pairolière en témoignèrent. Mais il ne faudrait pas considérer que, lorsque les consuls furent informés du développement de l’épidémie de choléra en France, à la fin de l’hiver 1831-1832, le réflexe votif s’imposa prioritairement.
Le XIXe siècle s’affirmait. De fait, toutes les mesures médicales possibles furent d’abord prises et établies : cordon sanitaire sur la frontière du Var, isolement des voyageurs, interdiction des rassemblements, assainissement régulier des lieux et édifices publics, nettoiement des voies, entre autres.

Puis, le 11 avril, on décida de faire adopter un voeu plaçant la Ville de Nice sous la protection de la Madone des Grâces, en quelque sorte après avoir constaté que tout ce qui était humainement possible avait été fait, et qu’un surcroît de protection n’était pas à négliger. Ce fut fait le 25 avril, en séance solennelle, au palais communal de la place Saint-
François (aujourd’hui bourse du travail).

Vingt ans d’hésitations

Le voeu prescrivait que la Ville de Nice s’engageait à construire une église nouvelle consacrée à la Madone des Grâces, et à célébrer chaque année le souvenir de cette intercession dans une procession solennelle conduite par les dirigeants de la municipalité. Le choléra épargna la ville, et les Niçois oublièrent leur voeu, coûteux il est vrai. Mais pour peu de temps. En 1835, l’épidémie revint, et cette fois franchit le Var, infestant Nice. La population et le Conseil se remémorèrent le voeu, et le processus de construction fut entamé.

Il fallut dix-sept ans pour le concrétiser. On hésita d’abord sur le site destiné à recevoir l’édifice. Dans un premier temps, il devait former le centre de la future place Masséna et être construit par Joseph Vernier. Mais la résistance des propriétaires du secteur, et le risque d’inondation conduisirent les autorités communales à choisir un autre lieu, au nord du faubourg Saint-Jean-Baptiste. L’église fut enfin bénie le 15 août 1852.
Depuis, chaque année, au début de l’été, le Maire de Nice renouvelle le voeu de ses prédécesseurs et conduit la procession.


Un édifice remarquable

L’église de la Madone des Grâces, paroisse Saint-Jean-Baptiste, dite église du Voeu, est un édifice de style néoclassique, finalement édifié sur les plans de l’architecte Charles Mosca.
Elle est très clairement inspirée des austères modèles contemporains visibles à Turin, comme l’église de la Gran Madre de Dio.

Sa décoration intérieure est le réceptacle de deux sources. D’abord, elle hérita de la chapelle de Saint-Jean-Baptiste et du couvent des Augustins déchaux qui occupaient, depuis le XVIIe, l’emplacement actuel du Lycée Masséna, et qui furent détruits après la Révolution. C’est sans doute de cette source que proviennent les tableaux célébrant Saint-François d’Assise, Saint-Antoine de Padoue (autel latéral droit), Saint-Jean-Baptiste (choeur) et Saint-Nicolas de Tolentino (transept gauche), tous vénérés par les Augustins.

A cette source s’ajouta la célébration de la Madone des Grâces par le grand tableau du maître-autel, dit “Le Voeu de Nice” (Edouard-Gaspard Hauser, 1862), la Sainte-Famille (choeur) et La Vierge enseignée par Sainte-Anne (autel latéral gauche) et par le groupe processionnel sculpté (1866). Le tableau du maître-autel présente à son pied une intéressante vue de Nice contemporaine de son achèvement.

A l’extérieur, sur le fronton du porche solennel, on peut remarquer les armes de Nice, preuve du caractère municipal de l’édifice, et le groupe central au sommet de la façade, représentant la Foi.