

Le programme 2010, sous réserve de modifications : http://www.nicecarnaval.com/programme.htm


Renseignements : 0892 707 407 (0.34euros/mn)

En 2010, Le Roi Carnaval sera Roi de la Planète Bleue, du 12 au 28 février, et règnera sur la 126e édition du Carnaval de Nice, plus importante manifestation de la Côte d’Azur en hiver.
Les tribunes du Carnaval s’habillent de photos d’époque de la Ville…
A l'occasion du Carnaval, la Ville de Nice propose au public une exposition en plein air pour le 150e anniversaire de l’Union du Comté de Nice à la France.
A l’arrière des tribunes du carnaval, sur la Promenade des Anglais et sur la place Masséna, des tirages d’époque de la Ville de Nice sont exposés, pour vous offrir un voyage dans le temps.
Les photographies reproduites proviennent de la collection du Théâtre de la Photographie et de l’Image Charles Nègre, et ont été prises par :
• Charles Nègre, réalisés vers 1865,
• Joseph Lucarelli, réalisés vers 1930,
• Jean Gilletta réalisés, entre 1905 et 1925,
• Les Frères Neurdein réalisés, vers 1880,
• Anonyme (photochrome édité par Studio Detroit Publishing Cie), vers 1890.
Entre deux corsos, prenez le temps de flâner derrière les tribunes du carnaval…
A l’origine fête païenne, "Carne levare, levamen", "enlève la chair" - définition la plus usitée du Carnaval - se déroule avant la période de carême, pendant les jours gras (Mardi-gras). C’est la dernière fête avant une période d’abstinence et de cuisine maigre, qui justifie donc tous les débordements. C’est à la Belle-Epoque que le Carnaval de Nice connaît son apogée : c’est alors le plus grand Carnaval du monde. Son histoire commence pourtant en 1294, avec le séjour à NICE, du Comte de Provence Charles II, Duc d’Anjou, venu pour y passer les jours joyeux du Carnaval".
Bals, mascarades, feux de joie, exhibitions de jongleurs et de mimes, tables mises dans les rues, autant de réjouissances dont l’église n’arrive pas à canaliser les aspects les plus brutaux et les plus obscènes.
Les bals, celui de la noblesse, des artisans, des marchands, des pêcheurs, des ouvriers étaient organisés dans les principaux centres urbains. Pour se rendre de l’un à l’autre, il fallait être masqué et "déguisé convenablement".
Puis, au XVIIIème siècle, la fête "s’aristocratise". La ville a grandi, la population augmentée, une certaine distance sépare les privilégiés - noblesse et bourgeoisie - des autres classes sociales. Aussi, les bals, somptueux, ont-ils lieu chez le gouverneur ou autres notables, pendant que des festins champêtres et populaires sont organisés, chaque dimanche, à partir du premier dimanche du carême, dans un quartier de Nice, notamment le festin des Reproches" à Cimiez. Cependant, en 1830, lors du séjour hivernal du souverain sarde CHARLES-FELIX,et son épouse Marie-Christine le Carnaval change d’aspect et se déroule sur le Cours Saleya. Les notables organisent, en hommage aux souverains, un corso de gala. A bord de calèches et de voitures, ils défilèrent en riches costumes. Une bataille de fleurs et de bonbons en vrai sucre candi - les coriandoli - ou de petites dragées - les confetti - s’engagea. Les bals masqués au Palais ducal et les veglioni au théâtre furent repris.
Très vite, l’usage de projectiles divers s’instaure et devient le jeu essentiel de la fête carnavalesque. Bouquets de fleurs, bonbons, dragées, cigares pour l’élite. Haricots, farine, coquilles d’oeufs, pois chiches, puis confetti de plâtre deviennent les munitions privilégiées, pour être toutefois remplacées par les confetti de papier en 1892.En 1860 -1870, la saison hivernale est des plus brillantes.
Mais, la guerre de 1870 -1871, la chute du second Empire, éloignent la clientèle hivernale. Alors, en 1873, pour "redonner au Carnaval sa vigueur d’antan", est créé le Comité des Fêtes chargé d’organiser un défilé de chars, calvacades, mascarades et isolés, avec distribution de prix. Nice devient le carnaval urbain le plus célèbre de la planète, et sert de modèle au carnaval de Rio, La Nouvelle-Orléans, Québec et Viareggio qui voient le jour à la même période. Les têtes couronnées (le Prince de Galles, l’Empereur du Brésil) se pressent pour assister aux corsi sur le Cours Saleya, puis sur la Place Masséna, et participent aux batailles de fleurs, sur la Promenade des Anglais, dans leurs "breacks" fleuris.Le Carnaval de Nice connut des périodes d’interruption, lors des guerres de 14-18 et de 39-40.
En 1921 apparaissent les illuminations électriques.
Le Carnaval tire son inspiration de thèmes traditionnels - allégories, bestiaires - pastiches des événements politiques et sociaux, satire locale. C’est l’univers du fantastique qui domine, avec des personnages mythiques et symboliques. Puis, peu à peu, le règne du Roi Carnaval s’inscrit dans un univers de soleil et de féérie.Les plus grands artistes "imagiers" du Carnaval de Nice sont ALEXIS MOSSA et son fils GUSTAVE-ADOLPHE MOSSA.
Ils représentent l’imagerie et la mythologie populaires et expriment un inconscient collectif, notamment "le monde de l’inversion" et l’"imaginaire fantastique". Le grotesque est leur moyen d’expression.
La musique, dont le rôle est primordial dans la fête, a toujours été associée au Carnaval. Elle traduisait autant le chaos symbolique, le charivari très populaire que l’allégresse de l’ordre retrouvé. Très vite, des orchestres prennent place sur les chars, et les musiques et fanfares militaires accompagnent les défilés. En 1905, la chanson officielle du Carnaval est créée. Paroliers et compositeurs entraient en compétition dans un concours qui devait sélectionner "la" chanson" : les chanteurs des rues l’interprétaient dans les quartiers de telle sorte qu’à Carnaval, tout le monde la savait et chantait pendant le corso. Les plus célèbres sont "Viva Carnaval", "Es Carnaval!!" (1909), "Velou, Velou!" (1922) qui célèbre le Pont-Vieux détruit cette année-là. L’auteur en est le célèbre barde niçois Menica RONDELLY.
Puis, dans les années soixante, le Jazz prend la relève, avant que ne participent aux corsi les artistes du show-business, tels que CARLOS, MIREILLE MATHIEU, PATRICIA KAAS, BILL BAXTER, ART MENGO, PHILIPPE LAVIL, LES NEGRESSES VERTES, GILBERTO GIL, SERGE LAMA, DICK RIVERS, etc...
Depuis le début de cette décennie, l’influence des Carnavals brésiliens, caraïbéens, latino-américains sur les Carnavals européens et scandinaves, tout particulièrement est indéniable.La participation au Carnaval de Nice, réel carrefour international, de groupes carnavalesques du monde entier permet la découverte de la richesse, du dynamisme et de la musique d’autres Carnavals. Conséquence : les écoles de samba, les orchestres de steel-band, la salsa, remplacent peu à peu les marches et farandoles d’antan.
La fête s’imprègne de ce brassage de cultures qui a besoin de nouveaux moyens d’expression. Les arts de la rue inspirent le carnavalier, devenu artiste plasticien-scénographe.
Le Carnaval de Nice, l’un des plus importants du Monde par le nombre de grosses têtes, sujets et chars en carton pâte, repose complètement sur la participation des carnavaliers. Ces hommes et ces femmes qui consacrent des milliers d’heures de travail à la réalisation de leurs oeuvres ne sont pas des professionnels. Ils exercent des métiers et réservent leurs loisirs à la création carnavalesque. La subvention allouée à l’issue du concours leur permet de couvrir les frais engagés. Jusqu’à ces dernières années, le système parenté-cooptation était primordial pour la formation.
Les femmes sont encore exclues de ce type de succession bien qu’elles participent activement aux différentes étapes de réalisation.
Les jeunes ont aujourd’hui, de plus en plus de mal à sacrifier leurs loisirs et les anciens passent la relève à des professionnels, nouveaux gardiens des traditions de cet art populaire. Le thème du Carnaval est connu dès le printemps précédant, alors la "carnavalina", cette fièvre s’empare des Carnavaliers : c’est l’exaltation de la conception, de la recherche d’idée, de l’étincelle créatrice.
Ils font alors dessiner et peindre le sujet, char ou grosses têtes, par un maquettiste. Puis, le sculpteur modèle les visages avec de l’argile. Ensuite, il fabrique le moule de plâtre que le carnavalier recouvre de plusieurs couches de papier découpés en petits morceaux et encollés d’une mixion de farine et d’eau chaude, pour donner le modèle définitif, en carton pâte, qu’il faudra maintenant peindre et habiller.
G.A Mossa et Alexandre Sidro ont imposé un style spécifique dans l’art pictural du Carnaval niçois.
Les couleurs utilisées sont éclatantes : rouge, vert, jaune, et des dégradés à l’infini.La mécanisation des chars est ingénieuse : cordes, ficelles, mais aussi des vérins hydrauliques sont utilisés pour animer les personnages.
Le carnavalier vit dans un univers de rêves et de fantasmagories qui lui permet de donner de multiples facettes à ses oeuvres.
Créé en 1830, lors du séjour à NICE du roi Charles - Félix, les batailles de fleurs sont devenues les fêtes les plus réputées de la Côte d’Azur.
En 1874, Le carnavalier Jean CUGGIA, auteur du char de la paix, épuisa pour une seule journée de corso, près de 15 000 bouquets de fleurs.
En 1876, la première bataille de fleurs sur la Promenade des Anglais a lieu, sur l’instigation d’Alphonse Karr et du Comte de Cessole : c’était une fête apollinienne, esthétique où défilaient l’"élite" de la société, dans des voitures fleuries.
Aujourd’hui, un corso de bataille de fleurs comprend un défilé de quelques trente chars entièrement fleuris qui illustrent un thème allégorique. De superbes mannequins, somptueusement maquillés et habillés de rutilants costumes de plumes, paillettes et strass créés par le talentueux Francis Carols, lancent au public des bouquets de fleurs.
Des formations musicales françaises et étrangères se joignent au défilé et créent l’ambiance.
Un char fleuri mesure 6 m de haut, 7 m de long, 2m de large. La décoration est faite à la main, à l’aide de pétales de milliers de fleurs, collés un à un, dans la nuit et la matinée qui précèdent chaque "bataille". Oeillets, roses, glaïeuls, tokios, gerberas, mimosas, dalhias, liliums, etc.... sont soigneusement piqués dans des pains de mousse spéciale, gardant la fleur fraiche.
Par char, on place 60 à 70 coussins de mousse supportant 60 à65 fleurs et feuillages, soit 3600 à plus de 4000 tiges. La garniture "pétales" nécessite 80 à 100 bottes d’oeillets de 50 fleurs chacune, soit quelques 5000 fleurs.
D’après l’ouvrage: "Carnaval à Nice"
Annie Sidro.
Edition Serre.

